Je vais vous le dire, le luxe du poète c'est le rêve et par la métaphore le pouvoir de se mettre dans la peau de n'importe qui....un oiseau, un papillon, un vagabond....ou n'importe quoi....pour envoyer ses messages....qui les décrypte ? quand je deviens une bobine de fil au fond d'un tiroir?
Ma vie ne tient qu'à un fil
Je suis une bobine de fil,
Et ma vie par le chas s'en file !
Pendant de très longues années,
Dans un tiroir de noyer,
S'enroulaient heureuses mes heures,
Entourée d'amis de couleur,
Que j'embobinais d'histoires
De reprises sur bas de soie noire !
Une sale intruse nommée ficelle,
Cherchait toujours sottes querelles !
Elle n'aimait que le fil blanc disait-elle,
Seul capable de toucher la dentelle !
Elle, vulgaire et grossièrement faite,
Avait don de gâcher la fête !
Deux fils depuis longtemps s'aimaient,
Et dans la boîte s'entremêlaient.
L'un était d'argent, l'autre de soie,
Ils se reconnaissent les bourgeois !
Mes potes et moi sommes de coton,
Pour la reprise des torchons !
Enfin, tout s'écoulait trop bien,
Un jour, l'on vit l'ombre d'une main,
Qui d'un coup embarqua ficelle,
Et l'on roula tous de plus bel !
Ainsi nous fûmes découverts !
Le double sens convient au vers,
Car, tous les jours, on me déroule,
On me dépiaute, me met en boule !
Sale vie qui par le chas s'enfile,
Ca oui, on peut dire qu'elle s'en file !
On finira tous comme ficelle,
Tremblant au fond d'une poubelle !
Gen P. |