Il y a longtemps déjà, j'ai connu une femme, Qui souffrait railleries d'un handicap infâme ! Pas pour top modèles, seulement pour satires ! C'était une voisine de la rue des Martyrs,
Chaque jour de sa vie, elle courbait son échine, Elle regardait le sol en se trouvant indigne, D'être parmi les beaux qu'on appelle les Hommes. Elle croulait sous les rires qui toujours vous assomment !
Tous les jours naissants, elle connaissait les pleurs, Pourtant, dans sa poitrine on entendait son cœur ! Mais les passants cruels chuchotaient dans son dos, Qu'elle portait bonheur derrière ses oripeaux !
Je me souviens très bien, qu'elle était jeune encore, Traînant sous les regards la honte de son corps ! Un crissement de pneus, des hommes qui s'affolent, Elle s'appelait Marie, et gisait sur le sol.
Elle s'appelait Marie, je m'en souviens encore, Plus personne ne rit en regardant ce corps ! Et son cœur qui l'eut dit! sauva un inconnu, Qui toujours ignora, qu'il venait d'une bossue…
Tu es ce cœur pourpre habillé de pétales, Ce velours raffiné dont mes yeux se régalent, Apparition sublime dans l'aurore qui pleure, Laissant couler sur toi, ses larmes comme un leurre.
Sur ta tige épineuse, tu te dresses pompeuse, Prenant les marguerites, juste pour des gueuses, Qui te font une cour, quand ta beauté s'étale, Toi la reine des fleurs, n'ayant pas de rivales !
Tu as charmé Ronsard, et les plus grands poètes, Tu as charmé le peintre, l'amoureux en défaite, Tu as charmé la femme, jalouse de ton parfum, Et les grands parfumeurs l'ont mis dans un écrin.
Dis-moi, donc, qui es-tu la Rose ? Quand même le doux papillon n'ose, Sur tes pétales se poser, De peur de froisser ta beauté ! Gen Prenez
Un jour dans une gallerie marchande de Nice, j'ai rencontré l'amour, le vrai, sans faille et mon coeur de poète fut envahi d'une envie de vous décrire cette vision étrange de deux êtres que rien n'avait pu empêcher de s'aimer...
Hommage aux personnes dont l'existence a été meurtrie par un handicap, hommage à leur courage...
SERMENT D AMOUR
Pourquoi la vie quand tu me donnes une leçon,
Tu me m'infliges dure et sans autres façons?
Tu m'as fais voir l'amour, le vrai, sans sa défaite,
A moi, la poète, éternelle insatisfaite.
Je l'ai vue, elle, avec ses yeux plein de tendresse,
Lui déposer un doux baiser, une caresse...
Je scrutais éberluée, comme dans une fable,
Leurs yeux qui se croisaient d'un feu incomparable.
J'étais abasourdie les voyant sans détours :
Elle à côté de lui, en fauteuil roulant,
Et lui à côté d'elle, dans ses yeux se noyant.
Je me disais alors, quels étranges passants...
Tous deux paralysés ainsi déambulant.
Elle, dans sa beauté intacte, et presque autonome,
Lui, qu'un bras, homme tronc, mutilé, moitié d'homme.
Odeurs énivrantes des fleurs, Marquant l'hiver qui se meurt, Quand mille petites corolles Poussant l'humus, sortent du sol.
En grappes parme, la glycine Sur les murs tombe, se dessine. Grande douceur, froid qui s'étiole, Sous le couplet du rossignol.
Peintre mettant taches de vert Partout sur la palette terre, Revoilà le joli printemps, Fidéle à l'horloge du temps.
Des blanches effluves du jasmin, Mettant en senteur nos matins, Des tapis mauves couvrant sous-bois, De violettes en vagues de soie ! Tu es la première fraise, goûteuse, Pourpre, parfumée et juteuse, Ressemblant à reine qui naît Fondante au fond de mon palais !
Sève qui bouillonne, effervescence, Lorsque tu réveilles nos sens.
Pourtant joli printemps, Sous tes tapis d'Orient, Des corolles de sang, T'entachent cruellement. Jeunes graines qu'on enterre, Pour peuple qu'on libère ;
Printemps deux mille trois, Tu es triste, crois-moi ...
Tu es lagon d'émeraude à l'azur juponné, S'étalant sous les yeux de touristes étonnés ! Nissa ! aux teintes pourpres, aux ocres raffinés, Qui fit don à des anges de sa baie dentelée.
Au fond de ta poitrine, un cœur rouge qui sommeille, Majestueuse place aux couleurs vermeilles, Serait-ce un Maréchal qui ainsi te nomma ? As-tu vu Bonaparte ou le Prince Masséna ?
Dans tes grandes artères, les murs parlent et te narrent. Et tes petites ruelles chantent le nissart.
Ton air devient parfum de jasmins et de lys, Dans une belle cour entourée de bâtisses, Où un dédale de fleurs laisse coi les touristes ! C'est le cour Saleya, la muse des artistes !
Des quatre coins du monde on foule tes trottoirs, Se couche sur tes galets et te garde en mémoire ! Et les palmiers se dressent pour te faire une haie, Le long d'une promenade qui rimerait en glais !
Toi, mon lagon d'émeraude, Ma perle aux couleurs chaudes, Toi, ma conquête rebelle, Toi, enfin : NISSA LA BELLE !
Jamais, mon doux mon tendre, mon bel amour, Même armée de pétales de velours, Ne grifferais l'essence de ta vie, Moi la maîtresse de tes secrètes envies...
Je me noie dans tes yeux sans penser à demain, Conjuguant avec toi, l'amour sans lendemain...
N'est-il pas, d'amour plus belle preuve, Qu'adorer tant, et d'espoir être veuve ? Indescriptibles et intenses ébats, Où j'entends si fort ton coeur qui bat.
On se consume, on se brûle, on se vole, Heures qui s'écoulent, et temps fou qui s'envole, O, mon amour, dans un dernier baiser Sur mes lèvres, brûlant et et passionné,
Je sens trembler nos coeurs, Quand s'enfuit le bonheur.
On m’avait fait un nid,
Dans un millier de fleurs,
Flétries et sans odeur.
Mes matins étaient gris,
Ruisselants sous la pluie.
Un torrent de pensées,
S’écoulait, verglacé.
Ou serais-je demain ?
Vais-je survivre à rien ?
Et l’âge qui ruisselle,
Sur ma peau infidèle.
Je perdrai mes repères,
Si je perds mon père,
J'ai du rater le coche,
J'ai plus rien dans mes poches..
Au pays du bonheur,
J'ai pas eu d’âme sœur.
On m’avait oubliée,
Depuis que j’étais née.
Acrobate, finambule.
Je voltige dans l'air,
Au dessus du désert.
Et le vent qui m'emporte,
Me fait étrange cohorte.
Je rebondis légère,
Au dessus des fougères.
Je suis dans une bulle,
Transparente sans ridules.
Je me pose et je glisse,
Sur des pétales de lys.
Qu'on me laisse rêver,
Dans une fleur me poser.
Pourquoi ? pourquoi ?
Dites le moi ?
Le vent se fait violent,
Sur des ronces me jetant,
Qui éclatent ma bulle,
Sans regrets, sans scrupules.
Gen P.
Hommage à tous les mineurs de fond dont le grand-père de mes enfants faisait partie et pour qui j'ai écrit ce poème .....d'après tout ce qu'il me racontait.
GUEULE NOIRE
Il laisse tous les matins sa marmaille braillante, Souillée de confiture et son épouse aimante. Son sac en bandoulière, il l'embrasse tendrement, Et ses yeux sont pour elle remplis de sentiments.
Par amour, chaque jour, il pénètre la terre, Et le grand ascenseur éteint ses beaux yeux verts. Plus de lumière pour lui, qu'une éternelle nuit, Où en creusant la roche, de sueur il reluit.
Et c'est le corps puant, couvert de poudre noire, Qu'il regagne son nid, comme cela, tous les soirs. Un simple baraquement, logement d'immigré, Où l'hiver comme l'été, ils subissent les degrés.
Mais la moindre masure peut être un beau palais, Quand l'amour effaçant la misère la relaie !! Et le mineur est fier de son dur labeur, Et de ses maigres sous gagnés par sa sueur ... Gen
Le ciel êtait en feu, derrière le Mont Boron, Faisant de celui-ci, un immense chaudron ! Un éventail pourpre sortait de la colline, Qui repeignait la rade de nuances violines !
De la grande échancrure, la mer déferlait, Et ses vagues géantes sur la plage tombaient. Elles roulaient sur le sable, en violente avalanche, Festonnant le rivage d'une épaisse mousse blanche.
Derrière le Mont Boron, le soleil se couchait De la forge de Vulcain, les nuages sortaient. La mer se déchaînait, en des reflets ardents, Ire de Poséidon, de rage la prenant !
Toi aux yeux de braises à la peau mate, Toi aux yeux d'acier, à la peau blanche, Vous qui n'étiez encore que des anges, Vous, avant que mort et guerre vous happent !
Vous auriez pu être amis et sages. De mon cœur s'écoulent pleurs et rage ! En pensant à votre si jeune âge ! Et à vos poitrails offerts sans ambages.
Pour l'orgueil d'étranges Présidents, Qui depuis leurs PC s'abritant,
Vous parlent de Patrie et vous envoient à la mort ! Pourcentage de pertes, que l'on donne sans remords !
Entourés de forte logistique, Vous êtes sur le fin élastique, De votre jeune vie dont on se fiche, Et de votre mort que l'on affiche !
Hommes à pied, nourriture du front, Êtes viande que l'on donne aux canons ! Vous auriez pu être amis et sages. De mon cœur s'écoulent pleurs et rage !
Un(e) pluie sur toi de bombes, Tonnerre la nuit qui gronde, Des Hommes morts qui tombent, Sous des obus oblongs BAGDAD..
Sang qui coule dans la rue, Volant vies ingénues, Sacrifice d'humains, Se battant pour leurs biens, Enfants criant leurs maux, Pauvres gens dans l'étau, BAGDAD ..
Pères bagdadis Devant jeunes yankees Aux regards transis Quand on fauche leurs vies ! BAGDAD !!
Entr(e) l'Euphrate et le Tigre, On te détruit, on te ride, Perl(e) du Calife Abbasside, Ta douleur est acide,
Un bel oiseau faites de moi, Je ne veux être ni reine, ni roi, Juste me réveiller demain, Volant au-dessus des embruns.
Donnez-moi une grande envergure Que mes ailes servent de couverture, Et enrobent d'amour la terre. À l'ombre de mes passages dans l'air, Je veux que partout elle revienne, Que les enfants oublient la peine, Que leurs pères oublient la haine, Qu'enfin on la consacre reine !
Je voudrais être cette colombe, Et tout l'amour sur terre qui tombe.
Rêver que partout tu parais, Caresse sur la joue de l'enfant, Douceur des jours refleurissant, Toi mon doux songe qu'on nomme PAIX.
Je me demande parfois, qui est donc ce démon Qui hante le poète et le rend vagabond ? Est-ce un ouragan ? Une tempête de mots ? Qui font vibrer sa plume et traduire ses maux ?
Ô que mon cœur s'étiole, dès les premiers frimas, Ils me privent d'un seul coup de roses et de dahlias !! Sale froid de novembre, vois ! ma plume qui grelotte ! La musique s'est tue, les vers n'ont plus de notes !
Je repense à l'été et j'ai du vague à l'âme, Je me fais papillon, et survole Paname ! Dans cette noire grisaille, je vois enfin l'Azur, Et mes vers dégèlent sur le papier glacé !
À la belle saison, j'aime contempler la rade, Son eau est de satin, je lui fait des aubades !
C'est toujours le printemps au jardin des poètes, La musique résonne et les mots font la fête. La fleur d'une rime vient me donner un la, Une rose peut être un mot, et une rime un fa !
Orphée était aussi poète et quand un poète est amoureux, il n'a de quête que l'absolu....c'est pourquoi souvent dans sa douleur, il écrit les plus beaux vers..... alors voici la légende d'Orphée...
Il y avait un homme, un poète et musicien qui s'appelait Orphée. Sa voix était si belle, le chant de sa cithare si suave, que les fauves se couchaient à ses pieds et que les arbres inclinaient leur ramure sur son passage. Les hommes les plus durs, en écoutant sa voix, redevenaient enfants. Orphée avait pour femme la nymphe Eurydice. Ils vivaient très heureux et s'aimaient d'un tendre amour.
Tous les matin, Eurydice partait seule vers le fleuve. Elle y prenait un bain, se séchait au soleil. Et tous les matins un homme l'épiait, caché dans un fourré. Ce n'était pas Orphée, mais Aristée, un berger que les Muses avaient envoyé pour garder leurs troupeaux. Chaque jour l'homme était là, et contemplait sa nudité.
Un jour, il n'y tint plus. Il sortit de sa cache et s'approcha d'Eurydice, pour la violer. Eurydice se défendît et finit par lui échapper. En s'enfuyant à travers la campagne, elle posa le pied sur un serpent qui la piqua au mollet. La morsure lui fût fatale et Eurydice descendît au royaume des enfers. Orphée était inconsolable.
Il décida d'aller chercher sa femme aux Enfers, et charma par l'harmonie de ses chants les divinités infernales, qui consentirent à lui rendre son épouse. Cependant une condition fût posée par le Roi des Enfers : « Orphée précédera son épouse sur le chemin du retour et tant qu'ils ne seront pas arrivés tous deux, dans le monde des vivants, il ne devra jamais se retourner ».
Orphée était tout joyeux d'avoir retrouvé sa bien aimée et de pouvoir la ramener à la vie. Mais le voyage fût long, et bientôt des doutes commencèrent à germer dans son esprit. Les dieux ne l'auraient-t-ils pas trompé ? Pendant qu'il marchait, le regard droit devant, sa bien-aimée était-elle vraiment derrière lui ? Il se souvint des conditions imposées par le Roi des Enfers et s'efforça tant qu'il le pût de ne pas se retourner.
Mais son incrédulité grandît peu à peu. Il ne restait que peu de chemin à parcourir quand tout à coup, n'y tenant plus, il tourna la tête. Pour son malheur, il vit la belle Eurydice disparaître et mourir à nouveau. Orphée dût s'en retourner chez les humains, seul avec toute sa douleur.
Ma passion les mots, les enlacer, les tricoter, les harmoniser, les faire vibrer...
Dans chacune de mes poésies se trouve un message à vous de trouver ou d'en comprendre le fond. Je peux même vous donner des explications si vous le souhaitez.
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"dans l'oeil du cyclone, pour une tempête de mots" .http://www.sonia-milo.com/amis/oeil-du-cyclone.html" que j'ai co-écrit avec une autre poète André ORIOL paru aux éditions ORIOL, Lyon.